Entreprise de Démolition du FC Nantes
Posté le 09.05.2007 par tristefootball
En sept ans, la Socpresse puis le groupe Dassault auront réussi à faire du FC Nantes un club méconnaissable. Dirigé par des gens qui n’ont rien compris aux valeurs nantaises, le club se meurt.
Les supporters nantais s’étaient donnés rendez-vous près de la place de la République au Mans samedi dernier pour un défilé jusqu’au stade Léon-Bollée. Un cortège - mortuaire - de plusieurs centaines de personnes qui a avancé pacifiquement. Avec à sa tête une banderole : « Dirigeants dehors ! » Si l’enterrement du FCNA n’a finalement pas eu lieu ce week-end (rendez-vous à Bordeaux mercredi pour l’inhumation en L2), cette revendication récurrente des supporters nantais traduit tout le malaise actuel des Canaris et de leur direction contestée.
Pas question pour autant de demander à Serge Dassault ou à Rudi Roussillon s’ils ont l’intention de vendre le FC Nantes-Atlantique cet été. Le premier, qui ne se rend sans doute à la Beaujoire que pour y rendre les clés, n’a que faire du devenir d’un club acquis bien malgré lui. Quant au second, il niera comme à son habitude tout projet de cession. Tel un joueur de poker qui perd sans cesse et qui veut se refaire, le président nantais aura bien sûr la volonté d’offrir une « glorieuse » remontée en L1 pour effacer l’ardoise. Et redonner ainsi de la valeur à un club qui n’en a plus vraiment. Seulement voilà, ce pari, les amoureux du FCN veulent le relever sans lui. Dassault and Co ont trop joué avec ce club, assimilant à tort le football à une de leurs entreprises. Et oubliant surtout les valeurs et les fondamentaux qui font du FCN un club pas comme les autres.
Rudi Roussillon aurait pu recruter Cristiano Ronaldo, Kaka ou Thierry Henry cette saison, rien n’aurait pu empêcher cette descente en L2. Car le mal est profond pour un FCN touché en son cœur. Comme un symbole, son centre de formation, jadis montré comme exemple par la France du football, est désormais fragilisé. Sûr de son recrutement, Rudi Roussillon avait pourtant misé cet été sur Wilhelmsson, Boukhari, Saïdou, Pieroni ou encore Barthez. Mais ce sont finalement Payet, Da Rocha, Das Neves, Keserü ou Vainqueur qui ont été les plus performants. La preuve que Nantes n’est pas un club de divas capricieuses ou d’individualités. La star à Nantes, c’est l’équipe, son jeu et sa jeunesse. Des valeurs d’humilité et d’altruisme que les dirigeants nantais ne véhiculent plus depuis sept ans.
En punition de ces errements, Nantes jouera donc en Ligue 2 la saison prochaine. Mais le FCN n’est pas mort pour autant. Les nombreux abonnés, les fidèles de la Beaujoire, les amoureux du maillot Jaune et Vert aimeront tout autant (si ce n’est pas plus) leur club. Et encore plus avec une équipe dirigeante concernée par les valeurs oubliées et qui saura convaincre Jean-Claude Suaudeau de prendre en charge le « super centre de formation » qu’il voulait mettre en place avant son départ. Une nouvelle équipe dirigeante qui saura convaincre Raynald Denoueix de revenir entraîner l’équipe première. Et qui saura laisser Nantes se reconstruire de l’intérieur en faisant confiance à ses dépositaires du jeu. De nouveaux dirigeants, irrémédiablement. Messieurs Dassault, Gripond et Roussillon, il est donc temps de partir !
Football365
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